Dream Theater – « Parasomnia » @Inside Out music

Dream Theater - Parasomnia artworkDream Theater
« Parasomnia « 
Format: Album
Genre: Metal progressif
Pays: États-Unis
Label: Insde Out music
Sortie: 07.02.25
Note: 4.5/5

Il y a des souvenirs et des moments qui nous reviennent avec nostalgie, et que l’on raconte à ceux qui ne les ont pas connus. On se demande alors si cette époque reviendra un jour, sans jamais trop y croire. Et pourtant c’est en octobre 2023, que la bonne nouvelle est annoncée: Mike Portnoy est de retour dans Dream Theater. Malgré la très bonne qualité des albums du groupe avec Mike Mangini, car le talent du bonhomme était indéniable, il faut reconnaître qu’il n’avait pas le feeling de son homonyme. Cette annonce est accompagnée d’une tournée anniversaire mais surtout d’un nouvel album nommé « Parasomnia« . Pas besoin d’être anglophone pour comprendre le thème de l’album lorsque l’on voit la pochette. Les couleurs de celle-ci, me font penser à « Black Clouds & Silver Lining« , le dernier album enregistré avec Mike Portnoy (en 2009), mais en plus sombre. Ce n’est pas une surprise, les 8 titres occuperont la totalité de l’espace disponible sur le CD: c’est-à-dire 70 minutes, avec un dernier titre oscillant avec les 20 minutes pour conclure en beauté. Mais avant d’y arriver, commençons par le commencement et plongeons dans ce « Parasomnia« .

À peine l’introduction de « In The Arms Of Morpheus » terminée, on est frappé par la lourdeur du son, qui peut rappeler l’album « Systematic Chaos« . Ce premier titre qui est instrumental laisse à chacun son moment, presque comme une présentation du groupe. Arrive ensuite le premier morceau dévoilé par Dream Theater et le seul joué en live durant la tournée : « Night Terror« . C’est un morceau assez long, mais les minutes défilent à toute vitesse, tant le morceau est bon. Le riff très thrash de John Petrucci est accompagné par toute la subtilité de Mike Portnoy qui ne cherche pas à faire de démonstrations inutiles. James LaBrie semble d’ailleurs avoir appris de ses déboires, car il ne cherche aucunement à partir dans les aigües, ce qui n’est pas un mal, au vu de ses difficultés, notamment en live. Le refrain est une réussite totale, les amateurs de métriques impaires ne seront pas déçus non plus, le pont et les soli en regorgent. « Night Terror » entre dans mon top 10 de mes titres préférés du groupe (et elle passe le cap du live parfaitement). Le second titre a avoir été dévoilé, A Broken Man« , prend la suite avec encore une fois une introduction pour faire briller Mike Portnoy. Le rythme est bien plus lent et bien plus complexe que « Night Terror » et colle parfaitement avec l’ambiance de la pochette de « Parasomnia« . Le pont, très surprenant, semble tout droit sorti de « Scenes From a Memory Part II.« , pour conduire à un final où James LaBrie arrive à nous dresser les poils d’émotion. 

Place maintenant au premier titre de plus de 10 minutes, « Dead Asleep« , qui est un morceau « classique » de Dream Theater. Il est agréable à écouter mais ne révolutionnera pas la carrière du groupe. « Midnight Messiah » est en revanche bien plus intéressante : le riff des couplets est très agréable, toujours avec cette ambiance sombre qui réussi très bien à « Parasomnia« . Le chant est encore une fois à la hauteur, sur une palette plus émotive que l’on ne connaissait pas forcément, mais qui est clairement une réussite. Le changement de rythme sur le refrain, même s’il est assez perturbant, apporte une originalité bienvenue. Que dire des soli de fin avec leurs cascades de note jouées à toute vitesse? « Are We Dreaming? » sert d’introduction à la ballade « Bend The Clock« , qui, si elle n’atteint pas les sommets de « The Spirit Carries On« , reste sympathique à écouter, avec une belle montée en intensité. Pour finir « Parasomnia« , Dream Theater, comme à son habitude nous offre un dernier titre à rallonge : « The Shadow Man Incident » de plus de 19 minutes. Ici, pas d’introduction longue comme sur « Octovarium« , la chanson démarre (quasiment) tout de suite. La comparaison n’est pas anodine, tant le début a une structure assez similaire avec un rythme assez lent, bien accompagné par les nappes des synthés de Jordan Rudess. Le second tiers s’en éloigne un peu, avec de longues parties instrumentales, conduites de main de maître par Mike Portnoy, dont la batterie ne m’a jamais semblée être autant mise en avant. Quel plaisir à écouter, même si c’est au détriment de la basse de John Myung qui aura été très discrète sur l’ensemble de l’album. Le chant ne réapparaît que pour la toute fin, pour laisser la place à un solo tout en émotion de John Petrucci pour conclure parfaitement « Parasomnia« .

En conclusion, on peut dire que les maîtres du prog’ sont toujours là et plus forts que jamais, avec le retour de Mike Portnoy. « Parasomnia » ne sera peut-être pas le meilleur album du groupe, mais il ne sera pas oublié sur une étagère grâce à « Night Terror« , « Midnight Messiah » et « The Shadow Man Incident« . Si le reste de l’album est assez convenu (mais toutefois très efficace), Dream Theater semble avoir effectué une grande remise en cause et a appris à mieux utiliser ses forces (et notamment la batterie de Mike Portnoy) mais surtout à s’adapter à ses faiblesses (en effet, le chant de James LaBrie est beaucoup plus sobre qu’à l’accoutumée). Rien que pour cela, on obtient un album qui, même s’il est surtout marqué par le retour de sa star Mike Portnoy, est le symbole d’une maturité nouvelle. L’accueil que je lui réserve aurait probablement été plus nuancé s’il était sorti en 2010… mais en ce jour de 2025, c’est un grand oui ! 

Tracklist :

  1. In The Arms Of Morpheus
  2. Night Terror
  3. A Broken Man
  4. Dead Asleep
  5. Midnight Messiah
  6. Are We Dreaming?
  7. Bend The Clock
  8. The Shadow Man Incident

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